Les Nuits des Étoiles

De la pierre à l'étoile

Les Nuits des étoiles auront lieu les 2, 3 et 4 août 2019. A nouveau des centaines de manifestations seront organisées pour vous permette de contempler la voûte céleste.

Il y a un demi-siècle, les astronautes des missions Apollo collectaient à la surface de la Lune les premières pierres extraterrestres. Quelques dizaines de kilos de cailloux, ainsi que de la poussière, soigneusement conservés pour analyse dans des laboratoires stériles. En tout, pour l’ensemble du programme, plus de 300 kilos d’échantillons collectés sur six sites explorés par douze hommes dont… un seul scientifique géologue. Deux missions automatiques russes ont agrandi cette collecte de quelques centaines de grammes ramenés par les sondes Luna sur le territoire soviétique.

Depuis, la collecte des pierres venues de l’espace s’est augmentée en 2005 des poussières collectées par la sonde japonaise Hayabusa 1 sur la surface de l’astéroïde Itokawa ; de celles ramenées l’année d’avant par la sonde Stardust après son passage dans la queue de la comète Wild 2 ; et, en septembre 2004, de l’infime matériau survivant au crash de la capsule transportant des particules de vent solaire par la mission Genesis. En tout un brin de Lune, un soupçon d’astéroïde, une pincée de comète et une quantité infinitésimale de gaz solaire. C’est peu mais c’est précieux !

Dans sa course autour du Soleil, la Terre elle-même heurte des poussières et des cailloux qui pénètrent dans son atmosphère et atteignent parfois le sol. Ce sont les étoiles filantes, comme les fameuses Perséides du mois d’août, des poussières issues de la comète périodique Swift-Tuttle, qui heurtent à grande vitesse le « pare-brise » de l’atmosphère terrestre, brûlent en haute altitude, avant de rejoindre le sol. Ce sont aussi les météorites, des « cailloux » pierreux et métalliques, qui proviennent de la ceinture des astéroïdes situées entre Mars et Jupiter ; mais aussi, de façon beaucoup plus rare, de la Lune et de la planète Mars. Tous et toutes proviennent du Système solaire, brûlent en traversant les hautes couches de l’atmosphère, et après avoir été recueillies par des amateurs ou des particuliers, enrichissent les collections des musées, des collectionneurs, et nos connaissances des lieux dont ils proviennent.

Mais pour faire « parler » les pierres du ciel, l’idéal – le rêve – c’est de les collecter sur place, sans les altérer, ni les polluer, et de les transporter dans les meilleurs laboratoires de la Terre. Ce « retour d’échantillons » est au cœur des projets martiens pour la décennie future. Un exercice délicat qui suppose de stériliser tous les instruments en contact avec les matériaux collectés et de choisir avec un très grand soin les sites de prospection. Beaucoup d’efforts et beaucoup d’imaginations sont nécessaires pour qu’une poignée de cailloux martiens raconte un jour l’histoire de la planète rouge. Scientifiques, ingénieurs techniciens y croient et ont convaincu les agences spatiales qu’ils sont capables de relever ce défi de la connaissance. Après Mars express, Curiosity ou Insight, les missions comme ExoMars et Mars 2020 préparent ce futur.

Dans le Système solaire, les pierres racontent les histoires des étoiles qui les ont formées. Elles sont les grimoires des temps passés et témoignent des évolutions planétaires. Si elles sont toutes parentes, leurs planètes, lunes et petits corps, sont aussi toutes différentes. C’est cette diversité, ces histoires – mythiques comme scientifiques – qui seront au cœur de ces nouvelles Nuits des étoiles. Des pierres de la Lune à celles de Mars, en passant par les étoiles filantes, météorites, astéroïdes et morceaux de comètes, l’Univers nous parle. Nous devons apprendre à le lire et à l’écouter. Pour le plaisir de la découverte, le plaisir de l’observation de la nature et de son ciel étoilé. Pour un partage d’émotions en famille. Parce que c’est beau, tout simplement.

Bannière : © NASA/ESO/Ciel et Espace Photos

 

Ils ont soutenu  l'édition 2018