Le thème des Nuits de l'équinoxe

Les Nuits de l’équinoxe 2026 : un voyage dans le temps

L’équinoxe est connu pour marquer le retour du printemps, mais pour les astronomes c’est aussi le moment où le Soleil se trouve directement au-dessus de l’équateur ! Les hémisphères nord et sud sont donc éclairés de la même façon et les durées du jour et de la nuit sont égales. Le Soleil se lève alors exactement à l’est et se couche exactement à l’ouest.

La Terre vue par le satellite GEOS-East le jour de l'équinoxe, le 20 mars 2019.
Crédit : NOAA

L’équinoxe est une question d’équilibre et de renaissance : équilibre entre le jour et la nuit et le retour de la végétation et d’une météo plus clémente. C’est l’occasion idéale pour lever les yeux, partir à la découverte des merveilles de l’Univers et se lancer dans un voyage dans le passé !

Un voyage dans le temps !

Les scientifiques le savent : regarder loin, c'est regarder dans le passé. En effet, la lumière se déplaçant à une vitesse finie (près de 300 000 km/s), elle met du temps à franchir les distances immenses qui nous séparent des astres. De fait, les objets célestes sont vus aujourd'hui tels qu'ils étaient dans un passé souvent lointain. Mais pas toujours !


En effet le ciel de l'équinoxe est marqué par de brillantes étoiles qui nous invitent à un voyage à l'échelle d'une vie humaine. Ces étoiles marquent le Grand G de l'hiver, visible vers le sud-ouest. Partant d'Aldébaran, une brillante étoile rouge dans la constellation du Taureau, située à 65 années-lumière (al) de nous. Cela veut dire que sa lumière a mis 65 ans à nous atteindre. Capella, dans le Cocher, est elle à 42 al ; Castor et Pollux, de la constellation des Gémeaux sont respectivement à 52 et 34 al. Procyon dans le Petit Chien, est à 11 al de nous. Et la très brillante Sirius est elle à 8 années-lumière. Réunis sous un même ciel pour les Nuits de l'équinoxe, enfants, parents et grands-parents, tout le monde peut ainsi trouver l'étoile qui correspond à son âge !

Retrouvez l'étoile du Grand G de l'hiver qui correspond à votre âge !

Du grand G à l'Histoire avec un grand H.

Non loin du Grand G, vous avez peut-être déjà repéré une sorte de toute petite casserole, version miniature de la Grande Ourse : c'est l'amas des Pléiades ! Vous n'êtes pas les premiers à le repérer, puisque nous en avons des représentations depuis au moins 1600 ans avant notre ère. Situé à 444 al, l'amas a émis sa lumière à une époque où le pape Grégoire réformait le calendrier et introduisait le calendrier Grégorien, encore en usage aujourd'hui. Un petit clin d’œil à l'équinoxe sans doute, puisque c'est justement pour corriger la dérive du calendrier par rapport au cycle des saisons que cette réforme a été décidée !

Situé entre les constellations de Persée et Cassiopée, le Double-amas de Persée observable à l’œil nu est lui situé à près de 7100 al, sa lumière provient donc d'une époque où les premiers réseaux d'irrigation pour l’agriculture apparaissent en Mésopotamie.
En direction de l'est, dirigez maintenant vos jumelles ou votre télescope vers la constellation des Chiens de Chasse pour trouver l'amas globulaire M3. Si son observation vous donne l'inspiration, c'est bien normal : quand la lumière est partie de cet amas, nos lointains ancêtres étaient en train d'exprimer leurs talents artistiques sur les murs de la grotte Chauvet, il y a 33 000 ans !

Faisons enfin un bon encore plus loin dans le passé, bien avant même notre espèce : la Galaxie d'Andromède, visible à l’œil nu dans un bon ciel, nous apparaît telle qu'elle était il y a 2,5 millions d'années : une époque où les premiers représentants du genre Homo faisaient peut-être leurs premiers pas en Afrique...


Sans doute eux aussi s'émerveillaient en levant les yeux au ciel, tout comme nous vous invitons à le faire, au présent, pour ces Nuits de l'équinoxe !

Préservons la nuit et ses merveilles

Toutes ces beautés célestes peuvent être observées par tous, à la seule condition que le ciel nocturne soit préservé de la pollution lumineuse : des éclairages urbains omniprésents dans les grandes agglomérations aux satellites artificiels, comme Starlink.

En 2023, plus de 3900 satellites ont été placés sur orbite basse autour de notre planète, striant le ciel de traînées lumineuses intempestives, induisant en erreur le grand public et réduisant la qualité des observations astronomiques.

Pendant les Nuits de l’équinoxe, l’Association Française d’Astronomie sensibilisera le public à ces enjeux et au besoin urgent de préserver notre patrimoine céleste et l’alternance jour-nuit, indispensable à l’équilibre du vivant.